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Gornar ....... ....... ....... ....... ....... ....... ....... ....... ....... ....... ....... ....... La vie sur un archipel embrumé : Les Îles Voilées

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Chroniques d'un demi-elfe by Diab' est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

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Toi

Par Gornar :: 24/01/2010 à 12:48 :: Autres
 Encore une fois, je prends mon stylo à une heure tardive.La nuit, tout les stylos sont pris. Non, ce n'est pas de moi. Et de toutes manières, ce n'est pas le sujet. Pour une fois, j'ai un vague sujet, l'envie de ne pas déblatérer des heures sur tout et sur rien.

 Le sujet, c'est Toi. "toi", c'est très générique, à première vue. ça ne fait que désigner ce qui n'est pas soi-même, ce qui est l'autre, ce à qui on s'adresse. Mais "Toi", c'est différent.

 "Toi", c'est le pendant de Moi. C'est moi, sans l'être. C'est le "détail" extérieur à moi qui permet à moi d'exister pleinement. Ce qui donne envie aussi, à moi, d'exister.

 "Toi", c'est ce qui m'occupe à chaque instant qui passe, ce qui me fait avancer. Ce qui d'un côté attache le moi sur Terre et de l'autre le pousse à s'élever vers les cieux du rêve.

 "Toi", c'est un tout unique. Un ensemble tellement complexe et tellement beau qu'il n'est comparable à rien d'autre. On pourrait parler des reflets du Soleil couchant dans une chute d'eau perdue au fin fond d'une jungle sauvage, mais ce n'est pas ça.

 "Toi", c'est quelque chose d'aussi beau lors des tempêtes que sur une mer d'huile. C'est un rêve éveillé, et des rêves à peine imaginés. C'est ce qui est plus présent encore quand ce n'est pas là. C'est ça qui fait prendre le train, aussi. Mais c'est un peu trop matériel pour qu'on en parle ici.

 "Toi", c'est aussi des lettres inachevées qui s'accumulent, dans l'attente d'une fin ou tout simplement d'une enveloppe et d'un timbre.

 "Toi", ce sont des mots, des expressions, des gestes, des regards. C'est tout ce qui fait ma mémoire. C'est tout ce que je vois quand je ferme les yeux. C'est ce que j'imagine sans oser le rêver.

 "Toi", c'est tout ça et c'est tellement plus encore que jamais je ne saurais l'écrire quelque soit le temps que j'y passe. Même le meilleur roman ne saurait Te décrire. Les pages, si belles puissent-elles être, ne suffiront jamais.

 Et pourtant, "Toi" peut aussi s'écrire en deux mots :

 Je T'aime.

Une lettre

Par Gornar :: 13/01/2010 à 13:21 :: Autres

Ça fait un moment que je ne t’ai pas écrit. Ça fait un moment que je n’ai pas écrit tout court. Pas écrit quelque chose qui viennent du fond, de tout au fond, d’un endroit qui, sûrement, n’existe pas vraiment, mais qui est là parce que je pense à toi. Alors pourquoi ce soir, là, allongé – vautré ? – dans mon lit, dans une position loin d’être la plus confortable ? Justement peut-être pour tout ça. Parce que j’ai besoin d’être dans un état à demi conscient pour réussir à – pour oser ? – poser sur une feuille de papier ce que je pense, ce que je ressens. Ô, bien sûr, je ne me fais pas d’illusion, je sais que demain, en me levant, je me rendrais compte de l’absurdité de la chose et je ne mettrai pas ce papier dans une enveloppe. Mais peut-être que je tiendrai quand même ma résolution d’en mettre une copie dactylographiée sur mon blog. Ça n’a aucun rapport avec le reste du contenu dudit blog, mais bon …

En plus, avec tout ça, je perds le fil. Si tant est qu’il y ait eu un fil à tenir à un moment donné. Je voulais parler de souvenirs, d’images, de sensations, d’odeurs … toutes ces petites choses qui font tout. Ces moments, où, le temps d’une nuit et un peu plus, il y a toi, et puis le reste du monde, ailleurs, loin, très loin. Il y a ta peau, il y a ton corps, il y a tes gestes, il ya tout et il y a rien. Le beau rien, celui des silences paisibles. A quoi bon, de toutes manières ? Cela doit bien suffire.

Même là, maintenant, les mots ne viennent pas pour décrire tout ce qui se chamboule dans ma tête. Tout ça pour un jeu, hein ? On n’est pas sortis de l’auberge, au final. Parce que je ne sais pas vraiment quoi penser de ces petites douceurs. Ou plutôt, j’en pense trop de choses pour y mettre de l’ordre. C’est le bordel là-dedans. Mais au milieu de tout ça, il y a quand même une certitude qui émerge, une évidence : Je t’Aime. Et c’est bien peu de l’écrire. Car finalement, tout ce capharnaüm n’existe que pour souligner cette évidence, cet absolu.

Qui te fait peur, peut-être, au fond. Mais dans mon état immédiat, il vaut sans doute mieux que je laisse de côté les hypothèses et la « psychanalyse » de comptoir. Au niveau actuel, ça va être difficile d’éviter le massacre, mais empêchons-le au moins de devenir un génocide. Ce sera toujours ça de pris.

Là, une fois de plus, je ferme les yeux et je te vois. Belle, tranquille, dormant ou peut-être juste somnolant à quelques centimètres de moi. L’esprit fait des miracles, parfois, pour nous faire revivre les moments les plus simples et les meilleurs.

Je passe mon bras autour de ta taille, tu te tournes légèrement vers moi. Infimement, peut-être même n’est-ce qu’une impression ? Toujours est-il qu’au moins, tu es là. Je sens ta peau, plus douce qu’il n’est permis, sous mes doigts. Je la caresse doucement, c’est presque un réflexe, un automatisme. Tu t’agites légèrement, je me fige, réflexe timide de la peur d’avoir fait une bêtise. Mais cette fois, ce n’est pas une impression, tu te rapproches. Je sens ton souffle tout proche. Et surtout, je te sens bien. Et c’est là ce qui compte, ce que je veux : que tu sois bien. Le mieux possible. Alors, lentement, je reprends. J’explore tes courbes, ton ventre, tes hanches. J’observe les réactions de ton corps, je te découvre un peu. En silence. Quelque fois, ton souffle s’accélère un peu, et puis retombe. Je suis spectateur et acteur de tout cela. Je ne sais pas trop qu’en penser, mais je n’ai pas envie d’y réfléchir. Je continue doucement.

Et puis, progressivement, alors que j’écris, la nuit reprends ses droits. Le sommeil vient. La suite ne sera pas couchée sur le papier.

Je t’aime.

Rakuena, histoire d'une Sylphe

Par Gornar :: 01/12/2008 à 21:20 :: Autres

Avant-propos : Ce texte n'a absolument rien à voir avec tout ce qui précède. Mais depuis le temps que je n'ai rien posté ici, je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de montrer que je ne suis pas mort.

Bonne lecture.




J'ai sept-cent trente-deux ans. Je suis une Sylphe.

Mais sans doute pour vous, cela ne vous avance pas à grand chose. Peu de monde connaît l'existence des Sylphes, même au sein des communautés druidiques.

Commençons par ce qui vous importe le plus à vous, humains, ou tout autre représentant d'une des "races intelligentes" que vous soyez : l'apparence. Si un jour vous me voyiez, vous ne remarqueriez sûrement rien d'anormal. Peut-être même ne me verriez vous pas, dans la foule de vos villes grouillantes.

Mais si d'aventure vous arrêtiez votre regard sur moi, le premier mot qui vous viendrait à l'esprit serait le mot "elfe". Car il vous faut toujours associer ce que vous voyez à quelque chose de connu.

En effet, vous me verriez sûrement comme une personne assez grande, sans doute un mètre quatre-vingt, la peau claire, voire pâle et quasiment blanche, les cheveux blonds paraissant parfois curieusement teintés d'un vert feuille subtil. Mes yeux vous apparaîtraient vert émeraude, et comme parcourus de fines nervures couleur de bois. Et enfin, mes oreilles seraient délicatement allongées et pointues.

E ne paraîtrais jamais pressée, marchant toujours d'un pas lent et léger. Si vous m'adressiez la parole, chacune de mes réponses vous semblerait se faire attendre, prononcée d'une voix avançant comme une calme rivière, avec lenteur mais une force insoupçonnée. Presque jamais je ne parlerai elfe.

Mais tout cela serait bien loin de ma véritable apparence. Je suis une Sylphe. Si nous ne pouvions marcher – et que vous connaissiez notre existence, sans doute nous classeriez-vous, mes semblables et moi, comme faisant parti du règne végétal.

Quand je n'ai pas à me fondre parmi vous, je laisse libre court à ma nature. Ma peau se change en une épaisse mais délicate écorce, parcourue de petites craquelures dessinant comme des écailles. Ma chevelure redevient un fin réseau de petites branches décorées de feuilles vertes et vives.

En fonction de mon humeur et de mes besoins, je peux laisser pousser sur mon corps des branches, plus ou moins robustes, plus ou moins garnies.

Resteraient mes oreilles et mes yeux, inchangés.

Mes semblables et moi ne parlons pas comme vous. Nos paroles sont quasiment silencieuses, subtil souffle que vous confondriez avec le vent.

Nous ne sommes pas fait comme vous. Nous sommes plus proches des arbres sur bien des points. Nous n'avons pas de sang, mais une sève épaisse et, à en croire les écureuils qui viennent parfois lécher nos plaies, délicatement sucrée.

Nous n'avons pas de cœur ou autres organes vitaux. Notre corps n'est qu'un vaste entrelacs de vaisseaux transportant la sève dans notre organisme par des mécanismes qui, sans doute, vous dépasseraient.

Coupez-nous un bras, et avec un peu de temps et de lumière, il repoussera en quelques semaines. Nous tirons notre Vie de la Terre, de l'Eau et du Soleil. Telles sont nos seules nourritures.

Le temps n'a pas la même signification pour nous. Notre rythme est bien plus lent que le vôtre. Là ou vous vivez d'un jour sur l'autre, nous vivons d'une saison à l'autre. Je suis encore jeune, et jamais je n'ai pris la peine, comme mes semblables et avant aujourd'hui, de suivre votre rythme frénétique. Pour cela, vos obsessions matérialistes nous dépassent.

De même, la douleur est une notion différente pour nous. Nous ne connaissons pas la douleur physiques d'une blessure. Nos vies sont bien plus dépendantes de la Terre que de nos corps. Aussi, nous ne ressentons guère le mal de nos corps, mais celui de la Terre.

Celui d'une Terre qu'on déchire, qu'on embrase, qui devient charnier, car des créatures qui se disent intelligentes se disputent une Terre dont ils croient qu'elle leur appartient.

Des créatures qui rasent les forêts, affament les sols.

Et qui, par tout cela, nous tuent.

Des créatures qui ne comprennent pas que la Terre ne leur appartient pas, mais que c'est eux qui lui appartiennent.

Mais nous ne pouvons pas nous battre. Nous ne connaissons pas la magie, et nos corps ne sont pas faits pour le combat. Une légende circule parmi les nôtres. Eva nous aurait créés, avant l'avènement des quatre races, alors que le monde était en paix, Aussi n'a-t-Elle pas jugé utile de nous doter de moyens de défense. En revanche, pour que nous puissions jouir de la beauté et de la paix de la Terre, Elle nous a fait don d'une capacité d'empathie exceptionnelle envers tout les êtres vivants. Le "don" de pouvoir ressentir le bonheur et la joie en toute chose.

Hélas désormais, cela fait plus figure de malédiction. En effet, il n'y a guère plus de joie dans l'air. Tout respire le malheur, la tristesse, la peine.

Afin de ne plus subir ces ressentiments sombres, nombre de mes semblables, ceux qui ne sont pas morts sous ce fardeau, se sont réfugiés dans les forêts les plus reculées du monde. Cependant, ces havres de paix se font de plus en plus rares, à l'instar de la Vallée Enchantée qui, même si vous êtes incapables de vous en rendre compte, commence elle aussi à dépérir.

Jusqu'à maintenant, jamais nous ne nous mêlions de vos affaires. Mais désormais, nous ne pouvons rester à l'écart, pour notre survie. C'est pourquoi j'ai décidé de me mêler au peuple elfe, afin de faire mon possible pour sauver nos derniers refuges.



Mon nom ? Il vous serait imprononçable. Appelez moi Rakuena.



((Très) librement inspiré des Sylphes d'Ysambre, Le monde-arbre)



Métamorphoses forcées

Par Gornar :: 15/04/2008 à 17:26 :: Nouvelle

Le jour avait achevé de se lever depuis quelques heures. Dans la forêt, c'était le calme plat. Le calme après la tempête. Quelque part au coeur de la Sylve, deux loups immobiles regardaient dans la même direction. Un peu plus loin, la panthère tatouée, à ses pieds des vêtements. Et encore devant, derrière un rocher, deux êtres. Le corps nu et inanimé de l'Investigatrice, couvert d'une simple cape, et assis à côté d'elle, l'Archi-veilleur. Les yeux fermés, il soignait les nombreuses blessures de la demi-elfe. Pendant un instant, elle reprit connaissance. Quelques mots apaisants furent prononcés avant qu'elle ne sombrât à nouveau dans l'inconscience.

Alors, le rôdeur étant arrivé à l'épuisement de ses capacités de soin divin, il entreprit délicatement de porter le corps inanimé, sans s'arrêter sur sa nudité, prenant garde à ce qu'elle ne lâchât pas l'anneau qu'elle avait dans la main. Juste derrière lui, la panthère, portant dans sa gueule les vêtements ; et les regardant, les loups, qui ne les suivirent pas quand ils allèrent vers le Bosquet. Une fois entrés dans le Cercle Saint, Gornar déposa son précieux chargement sur le sol humide, la cape sur le sol protégeant sa fine peau de la rosée. Puis, il fouilla son sac et commença à couvrir les plaies d'onguents bienfaisants et de bandages. Il passa plus d'une heure à cela, la manipulant avec d'infinies précautions. Puis, il récupéra les vêtements portés par la panthère et rhabilla Syriel, comme on habille une enfant.

Et enfin, s'adossant au bord du Bosquet, il la prit dans ses bras, caressant son dos en évitant les blessures. La panthère se couchant à leurs côtés, il ne tardèrent pas à s'endormir. Plongés dans le noir du demi-sommeil, ils entendirent au loin la voix cristalline de la pixie se vantant de la punition des humains. Rouvrant doucement les yeux, l'Héritier se leva, sortant du Bosquet. Il suivait la voix à l'oreille seule, il la percevait exactement. Ses pas ne faisaient pas le moindre bruit, chaque mètre se gagnait dans le silence le plus absolu, hormis les rires toujours aussi lointains de la fée. Non seulement les pas du rôdeur étaient silencieux, mais aussi les oiseaux, les animaux, le vent...et tout le reste. La pluie tombait sur le sol humide sans résonner.

Soudain, sans raison, il trébucha et s'écroula dans la boue. C'est alors qu'il se vit. Il vit ses pattes noires couverts d'une épaisse fourrure, il vit son dos de la même couleur. Il sentit bouger ses oreilles, sa queue. Dans un sursaut, il se releva. Il ne chercha pas à réfléchir, il tenait debout à nouveau, sur quatre pattes puissantes. Il pouvait contrôler ce corps qui n'était pas le sien comme s'il avait toujours été ainsi. Il tourna la tête vers le côté sur lequel il était tombé. Il était couvert de boue, sauf son épaule, où le tatouage blanc apparaissait à travers la crasse par un fin trait bleu et lumineux. Il se sentait tellement bien ! Il commença à courir, sans regarder où il allait. Rien avait changé autour de lui, et tout en même temps. Tout lui paraissait plus haut et pourtant si accessible ! Un bond suffit à lui faire passer la palissade de l'ancien temple. Il continua à courir, encore et toujours, frôlant les troncs, sautant parfois dans les branches, volant d'arbre en arbre.

En retombant sur le sol, il se rendit compte que le seul son qui s'élevait maintenant était celui de ses pas. Il n'y avait plus de pixie. Il était seul au milieu de nul part. Il n'y avait plus de palissade, plus d'arbres. Devant lui s'étendait une vaste prairie, couverte d'herbe et de fleurs de toutes les essences qui existaient. Au milieu de ce pré coulait un ruisseau calme dont le clapotis de l'eau s'éleva doucement pour enfin envahir l'espace. En amont, il voyait une montagne majestueuse d'où s'élevait une aura à la pureté infinie, une aura qui coulait dans le fin cours d'eau qui courrait jusque devant lui. En regardant à nouveau devant, la vision qui s'offrait à lui en aurait fait défaillir beaucoup et fuir les autres. Mais étrangement, lui ne fut même pas surpris de trouver quelques mètres devant lui une majestueuse licorne, dont la blancheur semblait la source de toute la lumière de la plaine. Posée sur ses pattes puissantes et graciles soutenant un corps à l'harmonie parfaite, elle le regardait, la tête haute, fière, sa corne d'or tournée vers le ciel. Ses yeux bleus fixaient l'Archi-veilleur. Mais ce n'était pas un regard pesant ou hautain. C'était un regard tendre et bienveillant.

Comme hypnotisé par cette vision, il avança vers la créature divine, sans crainte. Il arriva à son niveau après plusieurs minutes d'une lente marche. À ce moment, la licorne baissa la tête et caressa la joue de la panthère de la sienne. Sans pouvoir contrôler ses gestes, il répondit de la même manière, un doux ronronnement s'élevant du plus profond de son être. Et alors, il entendit dans leur esprit la même voix douce, celle qu'il distinguait si souvent...mais cette fois, il la comprit.

« Tu es bien un digne héritier de ta lignée...je suis heureuse que mon Don ait pu arrivé jusqu'à toi. »

Cette seule phrase lui emplit le coeur d'une manière telle qu'il ne put l'expliquer totalement. Il ferma les yeux pour savourer la douceur infinie du contact.

Puis soudain, il ne sentit plus la fourrure éclatante de la créature. Il rouvrit rapidement les yeux. Il était à nouveau dans la forêt, mais il sentait encore sa présence au fond de lui. Puis encore, il entendit comme un murmure lointain de cette voix si belle :

« Tu la retrouvera un jour, je le sais. »

Il ne pouvait pas pleurer, mais un long gémissement sortit de sa gorge, comme une libération. Alors seulement, il vit devant lui un homme. Il crut reconnaître le mercenaire qu'il avait raccompagné à l'orée de la forêt. Il avait à la main une hache, et s'acharnait à couper le tronc d'un des vieux chênes de la forêt. Il voulut bouger, mais il ne le pouvait plus. Alors, il aperçut au dessus de l'homme la fée. Il la vit incanter un instant, puis devant lui l'homme se transformer et fuir sous les traits d'un mouton. Puis en tournant la tête, il eut tout juste le temps de voir Syriel se transformer à son tour en cette horrible louve. Elle fuit, et sans comprendre pourquoi, il parvint à la suivre, sans qu'elle ne le remarquât. Elle fuyait, fuyait toujours, parfois poursuivie par la meute, se cachant comme sa taille le lui permettait. Les loups l'attaquaient, la blessaient parfois...mais chaque fois qu'il voulait intervenir, son corps n'obéissait plus. Souvent, il distinguait qui observait de loin la pixie. Puis, il vit en face de la grande louve blessée Eragoth et Roxane, l'un prêt à se battre et l'autre apeurée. En face d'eux, deux loups approchaient à vive allure de la créature dont le sang se répandait sur le sol.

Et soudain, tout devint flou. Il ferma les yeux et secoua la tête, et entendit une voix féminine, lointaine, tremblante, prononcer une voix son nom. Il rouvrit enfin les yeux et son regard bleu nuit se posa sur ses bras, ses mains...et sur Syriel qui ouvrait les yeux.

faut vraiment trouver des titres ?

Par Gornar :: 03/03/2008 à 14:48 :: Nouvelle

Le demi-elfe ouvrit doucement les yeux. Il ne voyait pas grand chose, sa vue était trouble. Par contre, il sentait largement une immense brûlure à l'épaule...et cette sensation sur les mains. Il n'avait pas dormi, il 'avait pas rêvé. Il s'était évanoui sous la douleur. Un de ses bras glissa du sofa, il sentit le contact de la peau sous ses doigts et retira vivement la main. Il ne pouvait plus toucher, pas après ça. Doucement, les jambes tremblantes, il se leva, la main rivée à son épaule, et sortit de la maison, rabattant sa capuche. Il traversa la ville comme un fantôme, hanté par ses propres actes, et se dirigea directement vers la forêt. Il y rejoignit Élimsir qui se lova dans ses jambes, la tête basse et l'épaule brûlante également. Il passèrent devant le Bosquet et s'arrêtèrent plusieurs minutes. Il n'osa pas y entrer, il n'en avait plus le droit, pensait-il. Pourtant il resta longtemps debout, comme figé, à ne pas savoir que faire. Il lui semblait entendre un murmure au fond de leur esprit. Quelque chose de doux, de bienveillant. Mais bientôt cela se tut.

Alors, la démarche lancinante, il sortit des bois, traversa Lahmotte pour accéder aux docks de la côte est. Là, il prit le premier navire pour Azura. Le voyage se fit dans le silence le plus complet. Les deux âmes jumelles descendirent du bateau à peine la passerelle dépliée. Le trajet ne leur avait pas fait de bien, au contraire. Ils s'étaient torturé l'esprit pendant les longues heures de la traversée. Il l'avait fait...de sang-froid...il aurait pu faire autrement, trouver une autre voie, ne pas céder à cette violence terrible. Penché sur le bastingage, il avait regardé la mer...elle avait été étonnement calme pendant tout le voyage.

Le demi-elfe savait exactement où aller. Sur le chemin, sa colère enfouie contre lui-même s'exprima sur les araignées. Il ne s'en rendait pas compte, mais c'était la première étape de sa libération. Il poussa enfin les lourdes portes en bois et quitta l'ombre des mines pour celle de la forêt. Il sentit son coeur se serrer dans sa poitrine. Ce lie était la place de tellement de souvenir... il secoua vivement la tête et avança entre les arbres, jusqu'à arriver devant un grand chêne plusieurs fois centenaire. Il posa la main sur l'écorce les yeux mi-clos. Il distingua vaguement la belle silhouette se détacher de l'arbre sacré.

La Dryade resta ainsi à la regarder plusieurs minutes, sondant leur âme, comprenant ce qui les amenait à chercher sa compagnie. Lentement, elle s'approcha de lui. Ses bras s'ouvrirent et, soudainement, Gornar s'y blottit, fondant en larmes. Il ne pouvait plus supporter son geste. Son épaule, qui n'avait de cesse de le brûler depuis, le rappela à l'ordre. Il sentit à nouveau la douleur. Douleur ? Non, en réalité. Il sentait les doigts de la créature suivre les lignes de son tatouage. La brûlure se changea en ne chaude caresse. Les larmes roulaient sur ses joues, trouvant écho dans les gémissements de la panthère. La dryade murmura alors à son oreille :

« Je peux t'aider à l'écouter mais toi seul peux apprendre à la comprendre. »

Il ne comprit pas le sens de cette phrase, mais elle se grava dans un coin de leur esprit. Il ne savait combien de temps il était resté dans les bras de Faya, sans doute plusieurs heures...peut-être même des jours. La créature sylvestre l'avait envoûté en le serrant contre elle. Pas pour se défendre ni l'agresser, mais pour qu'il se vidât l'esprit. Par sa magie, elle les avait menés dans un recoin isolé, pour ne pas être troublés par les ogres qui vivaient encore ici. Ni le demi-elfe ni la panthère ne se rendirent compte qu'ils s'étaient déplacés par les arbres. Doucement, la dryade posa le corps sans réaction du rôdeur sur le sol humide. Leur esprit était toujours vif mais elle avait endormi leurs corps. Elle ensuite plaça la panthère contre Gornar. Elle les regarda plusieurs minutes puis, délicatement, se coucha sur eux, les enlaçant. Sans que le reste de son corps ne pût encore bouger, il ouvrit la bouche et raconta tout, dans les moindres détails. Écoutant, la dryade finit par répondre dans leur esprit, caressant leur âme :

« Tu as fait la seule chose possible. Tu as sauvée ton « amie » et son enfant. Ton geste était nécessaire Je ne suis pas la seule à penser ainsi. Ce que tu crois sentir te trompe tu n'as pas à t'en vouloir. »

Comme pour joindre la caresse du corps à celle de l'esprit, la créature embrassa doucement le demi-elfe avant de fermer les yeux. Elle endormit les deux êtres avant de sommeiller à son tour, toujours couchée sur eux.



*

* *



Gornar s'éveilla trois semaines plus tard, sans savoir combien de temps il avait dormi. Il avait fait d'innombrables rêves, tous plus étranges les uns que les autres...mais toujours aussi apaisants. Il avait vu une licorne, cru reconnaître sa voix... Il avait cru voir Gonghar, lui parler. Bien sûr, il avait aussi rêvé de Nenya, d'Aymara. Il avait vu Anya...et son fils. Il l'avait vu grandir en paix.

En se redressant, il vit sur le sol un plat de fruits divers. C'est seulement en le voyant qu'il se rendit compte de sa faim. Ils mangèrent doucement, puis retournèrent près de l'arbre. Leurs épaules ne brûlaient plus, il était apaisé. Il déposa un baiser sur l'écorce et retourna au port pour rentrer sur Silhouette.

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